Niquer La Fatalité // Estelle Meyer

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Ce spectacle est le récit initiatique de la construction d’une jeune femme. Estelle Meyer.
Avec en creux la protection et le regard de Gisèle Halimi.

Comment être femme a été transmis par la famille et la société ?
Comment devenir libre de son destin, et échapper à toute prédestination ?
Comment tu niques réellement la fatalité ?
Comment rire de la catastrophe ?
Quelles sont les nuits traversées et les ressources conquises sur le chemin pour enfin s’appartenir et réussir à vivre ?
Quels mots et rituels guérissent ?
Dans ce dialogue d’amour avec une Gisèle Halimi morte et vivante à la fois, réelle et pourtant rêvée, un chemin de confidences et de révolte s’ouvre pour réinventer humblement et puissamment ce que c’est que d’être vivant·es. Estelle Meyer fait jaillir d’une expérience collective un baume consolatoire et une joie communicative.

“Niké”, en grec, ça veut dire la victoire. C’est une déesse.
Nous embrasserons la déesse. Nous la porterons sur nos têtes. Nous la brandirons comme un diadème. Ce sera une victoire. Une vraie victoire. On va y arriver, je te jure qu’on y arrivera.
On va la niker, la fatalité.

Marion Rampal // Song For Abbey

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Au fil des ans, Marion Rampal (chroniquée ICI) a su s’imposer comme l’un des plus singuliers électrons libres du jazz vocal européen. Catégorie qu’elle embrasse et réfute presque à la fois, puisqu’elle semble se moquer des étiquettes comme de sa première liquette, pour chérir d’autres notions, à ses yeux plus fondamentales. Ainsi de celles de filiation et de confrérie, puisque cet album singulier tente à l’évidence de combler une dette initiatique, tout en s’appuyant sur une famille, presque un clan, au premier rang desquels on reconnaît son fidèle comparse, le guitariste Matthis Pascaud (également complice de Moonlight Benjamin, Hugh Coltman, Ellinoa et Éric Allard, tout en développant sa propre carrière de leader). Comme elle le confie dans les notes de pochette, Marion découvrit en effet la grande Abbey Lincoln quand sa mère lui offrit pour son dix-neuvième anniversaire le “Wholly Earth” de cette dernière, et elle confesse ne s’en être jamais totalement remise. Outre la contrebasse de Simon Tailleu, les drums de Raphael Chassin et les claviers de Thibault Gomez, elle convoque aussi pour l’occasion deux invités de marque: Archie Shepp (qui contribue au seul inédit du lot) et Bill Frisell. La magie commence à opérer dès le délicat “Learning How To Listen” introductif, où le timbre flûté de Marion se pose sur les ondulations de la contrebasse et des balais, ainsi que les ivoires inspirées d’un Gomez et le mellotron de Pascaud, tous d’ores et déjà en état de grâce. Celle-ci ne se dissipera plus: de l’enjoué “Wholly Earth” épiphanique à la relecture céleste et toute personnelle du “Mr. Tambourine Man” de Bob Dylan, Miss Rampal se laisse littéralement transporter par le lyrisme de son modèle. Les élégiaques “Caged Bird”, “The Music Is The Magic” (où Gomez flirte avec Chick Corea et Mike Garson) et le blues fataliste “Throw It Away” emportent l’auditeur en un roller-coaster d’émotions, tandis que pour l’irrésistible bossa beat de “And It’s Supposed To Be Love”, piano et section rythmique conspirent un irrépressible feeling estival. Les non moins lumineuses six cordes de Frisell œuvrent de concert avec le timbre ourlé de Marion pour une version sensible et éclairée du “Skylark” de Johnny Mercer et Hoagy Carmichael, avant que celle-ci ne duettise avec le vétéran Archie Shepp pour le three-steps nostalgique “Remember The People”. Il est des rendez-vous dans l’existence qu’il serait impardonnable de manquer, et ce disque superbement inspiré en constitue manifestement un essentiel. Wherever she may be now, Abbey sure oughta be smiling widely.

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Connue pour ses remarquables réalisations en tant que chanteuse de jazz, dont une prestigieuse nomination aux Victoires du Jazz en 2021, Célia Kameni se lance dans une nouvelle expérimentation artistique avec Méduse. Ce projet s’éloigne des précédents, tout en conservant le même magnétisme qui définit son travail. Dans Méduse, la voix profonde et texturée de Célia converge avec les thèmes de la sensibilité. Le piano préparé de Thibault Gomez résonne avec une urgence émotionnelle, tandis que le timbre obsédant du violoncelle de Juliette Serrad ajoute des couches de complexité. Giani Caserotto et sa guitare chargée d’effets, ainsi que la batterie de Julien Loutelier, apportent un autre degré d’innovation artistique, s’entrelaçant harmonieusement avec les synthés éthérés, et créant ainsi un paysage sonore qui défie les classifications traditionnelles.

Alors que des échos de Nina Simone, Björk et Nick Drake se reflètent dans sa musique, le projet s’inscrit également dans la lignée d’artistes contemporains comme Moses Sumney, Shida Shahabi et Arooj Aftab. L’art vocal de Célia est une véritable recherche de viscéralité, sa voix devenant un canal d’émotions non exprimées. Le résultat est un mariage harmonieux de sons et de sentiments, où la vulnérabilité et l’authenticité règnent en maître. Plus qu’une collection de chansons, il s’agit d’une exploration de l’expérience humaine, une invitation à immerger dans ses récits complexes, à sentir le pouls des émotions tissées dans chaque note, et à témoigner du pouvoir transformateur de l’expression artistique partagée.

« À la Philharmonie de Paris, elle a chanté, avec une élégance divine Black is the Color of My True Love’s Hair, popularisée par Nina Simone, et Visions de Stevie Wonder. Il suffit de quelques secondes pour se laisser captiver par le timbre de sa voix, l’assurance de son articulation et la délicatesse de son chant. » La Terrasse

Sarab

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SARĀB est une aventure chimérique qui fait vivre ensemble la fureur du jazz contemporain et l’infinie richesse des musiques traditionnelles du Moyen Orient. Les jeunes explorateurs se rassemblent autour d’un travail méticuleux de réappropriation de textes et de mélodies pour tenter de délivrer une musique résolument moderne, originale et enivrante . Rêvant avec les harmonies jazz, exultant avec l’énergie du rock, dansant avec les rythmes du monde, SARĀB sublime la profondeur des traditions pour délivrer aux Hommes la poésie enchanteresse de ces mélopées éternelles.

Climène Zarkan

Robinson Khoury

Baptiste Ferrandis

Timothée Robert

Paul Berne

Thibault Gomez